Dossier de presse et critiques:
L'ÉQUANIMITÉ:
Le Devoir
vendredi 14 mars 2008 - Philippe Papineau
Équanimité: nom féminin; égalité d'âme, d'humeur. Flegme, impassibilité, sérénité. Maintenant qu'on a défini le terme, doutons de sa justesse. Parce que ce deuxième album de Dominick Lareau, alias 4d, ne nous semble pas fait de sérénité mais plutôt d'inquiétude, de trouble. À travers ces 12 pièces composées dans la solitude du Nunavik, on sent une certaine colère, «mal identifiée», pour reprendre ses mots. La voix étrange et la musique, à la fois rock et électro, appuient cette sensation. Chargée, cassante, remplie de crépitements, de batterie fracassante et de lourds coups de basse, elles nous donnent parfois l'impression d'entrer dans une maison hantée remplie de drôles de bêtes. Momie, hydre, squelette et autres étrangetés parcourent des textes métaphoriques parsemés de jolies images. «C'est facile de voir les roches venir quand tu les lances dans un miroir» (Extra-minis). L'Équanimité, qui rappelle les premier EP de Navet Confit, demande une certaine dose de courage et une oreille audacieuse. Comme un aimant, il en repoussera plusieurs et en attirera autant. Disponible chez vos disquaires indépendants
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Critique de l'Oreille du Tigre / CIBL 101,5 FM
Si vous suivez la balado du tigre depuis les deux dernières semaines, vous savez à quel point je me suis entiché de la nouvelle galette de l’énigmatique Dominick Lareau, alias 4d. Mais au-delà d’un coup de coeur personnel, le nouveau disque de 4d est surtout un OVNI. Il serait difficile de trouver des termes précis pour décrire ce qu’on y trouve. Rock électrash ? Ballades anxiopopétisées ? Easy listening metalcore ?
Certes, il y a un peu de tout ça dans les douze pièces du disque. Mais même avec un spectre aussi large et abstrait, le portrait dressé ici demeure sommaire, incomplet. Il n’existe tout simplement rien de pareil, autant dans la façon d’aborder les instruments que dans celle de chanter.
D’ailleurs, disons-le franchement, l’aspect vocal du monde de 4d est assez particulier, voire dissonnant ou même agressant. Certains jetteront la serviette dès les premières syllabes, d’autres resteront malgré tout pour entendre de quoi il en retourne. Cependant, il serait illusoire de croire que les compositions déjantées et ébourrifées du disque pourraient seulement même se tenir sans la voix toute particulière de Dominick Lareau; elle est, au même titre que les textes, ciselée finement pour s’insérer dans le “tout” 4d.
Parlant du “tout” 4d, celui-ci a bien changé depuis sa dernière incarnation disque, “4d Et Le Prince Louvesque”, parue en 2004. Là où la rencontre avec le prince s’effectuait en majeure partie sur fond d’ondulations électroniques et de microéchantillonages agressifs, L’Équanimité s’éloigne de ces racines électro pour se coller sur des bases plus rock. L’électro n’en est cependant pas pour autant absent; de denses collages en sonorités aquatiques, les manipulations électroniques sont encore omniprésentes sur le disque. Elles ne sont simplement plus au premier plan.
Un changement qui fait du bien, ne serait-ce que parce que les chansons sont maintenant beaucoup moins froides. On s’éprend donc facilement de Mon Uniforme D’Épinoche et on apprend à fredonner le refrain de L’Ours en moins de deux, ce qui, évidemment, augure bien. Et bien que la palette sonore plus riche donne un avantage à L’Équanimité, sa structure mélodique est elle aussi en touts points supérieure celle du Prince Louvesque. Les nombreux virages en épingles de La Momie peuvent en témoigner, au même titre que les couches de guitare superposées dans Doux Alpha.
Reste maintenant à noter la chose. Et c’est là que ça devient complexe. L’Équanimité est une oeuvre qui comporte de multiples problèmes qui sont eux-mêmes leur solution. C’est un disque qui rassemble plein de choses qui, normalement, ne fonctionnent pas, qui repoussent l’oreille. Mais pour les mélomanes téméraires qui se risqueront au-delà de cette perception initiale, un trésor d’ingéniosité n’attends qu’à être saisi. Trésor qui, ironiquement, tire ses plus grandes richesses du fait que ce qui ne devrait jamais fonctionner en musique, ici, fonctionne inexplicablement bien.
4,5/5
L’Oreille Droite
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Critique de Simon Coutu à Mu6.ca
Dominick Lareau alias 4d est un personnage mystérieux. Il partage sa vie entre la musique, l'enseignement et l'art visuel dans le village d'Inukjuak, dans le Nunavik. Ses compositions ne sont pas moins déroutantes. D'abord, le titre donné à ce deuxième album est curieux. L'équanimité, c'est l'indifférence, un des concepts centraux du bouddhisme. Pourtant, à l'écoute de la musique de 4d, impossible de rester de glace. La voix nasillarde de l'artiste chante une poésie aux couleurs de fin du monde. Sa musique est totalement disjonctée, mais elle reste accessible grâce à un mélange de musiques électroniques et de rock. Difficile de comparer cette œuvre d'art à quoi que soit d'autre. La folie de 4d évoque parfois le groupe Basta. Les compositions de L'équanimité sont excentriques et nonchalantes. La force de ce disque réside dans cette ambiance qui oscille entre malaise et poésie. Un extraordinaire travail en solitaire. [Par S.C.]
7/10
