Le Devoir
vendredi 14 mars 2008
- Philippe Papineau

Équanimité: nom féminin; égalité d'âme, d'humeur. Flegme, impassibilité, sérénité. Maintenant qu'on a défini le terme, doutons de sa justesse. Parce que ce deuxième album de Dominick Lareau, alias 4d, ne nous semble pas fait de sérénité mais plutôt d'inquiétude, de trouble. À travers ces 12 pièces composées dans la solitude du Nunavik, on sent une certaine colère, «mal identifiée», pour reprendre ses mots. La voix étrange et la musique, à la fois rock et électro, appuient cette sensation. Chargée, cassante, remplie de crépitements, de batterie fracassante et de lourds coups de basse, elles nous donnent parfois l'impression d'entrer dans une maison hantée remplie de drôles de bêtes. Momie, hydre, squelette et autres étrangetés parcourent des textes métaphoriques parsemés de jolies images. «C'est facile de voir les roches venir quand tu les lances dans un miroir» (Extra-minis). L'Équanimité, qui rappelle les premier EP de Navet Confit, demande une certaine dose de courage et une oreille audacieuse. Comme un aimant, il en repoussera plusieurs et en attirera autant. Disponible chez vos disquaires indépendants

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Bang Bang février 2008

Équanimité, n. f. Litt. Égalité d'humeur, sérénité . Ce n'est pas cet adjectif qui nous serait venu à l'esprit en premier lieu si on nous avait demandé de titrer ce deuxième album du projet de Dominick Lareau paru sur étiquette Fruit (Carl-Éric Hudon). On aurait plutôt choisi des termes comme déjanté, psychédélique, surréaliste, adjectifs qui décrivent mieux d'après nous le monde à la fois inquiétant et comique de Lareau. L'auteur-compositeur-interprète se tient toujours en équilibre sur la frontière délimitant la grimace du clown de celle du monstre. Sa voix, qui curieusement rappelle celle de Daniel Bélanger, concourt principalement à cette impression, ainsi que les textes évocateurs, d'une belle étrangeté ( Les squelettes m'ouvrent la porte, Les morts-vivants sifflent ). La palette sonore est large, il s'agit de chansons aux arrangements rock et électro, dirons-nous succinctement, Ne reste plus qu'à ciseler davantage les mélodies. On ira réécouter le premier album 4d et le prince louvesque en surveillant ce nouveau venu qui en signant un Équanimité qui sonne comme une tonne de briques, se mérite d'ores et déjà une place de choix aux côtés d'un Navet Confit et d'un Husky. (DT)

www.bangbangtemort.com

 

Pour critiques anglophones ici _________________________________

EXPOSITION 4d

VOIR.ca, Karine Gélinas

Pascal Lareau
s'exprime par la voie de différents types d'art, soit l'écriture, la peinture, la céramique et la sculpture. Il n'est donc pas étonnant que le Trifluvien, qui participait à un événement spécial en 2007 au Musée Kunstforening et au Centre d'art Kysten en Norvège, aime mélanger plus d'une disciple dans son travail. L'exposition qu'il présente jusqu'au 1er juin à la Galerie d'art du Parc le prouve d'ailleurs. Là, il propose quatre oeuvres sculpturales inspirées du second album ( L'Équanimité) de 4d , projet musical de son frère Dominick, qui a enseigné pendant deux ans dans le Grand Nord québécois. Des créations munies de postes d'écoute qui parlent du doute, de la violence, de la vie et de la mort.



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Critique de L'oreille du tigre / CIBL 101,5 FM

Si vous suivez la balado du tigre depuis les deux dernières semaines, vous savez à quel point je me suis entiché de la nouvelle galette de l’énigmatique Dominick Lareau, alias 4d. Mais au-delà d’un coup de coeur personnel, le nouveau disque de 4d est surtout un OVNI. Il serait difficile de trouver des termes précis pour décrire ce qu’on y trouve. Rock électrash ? Ballades anxiopopétisées ? Easy listening metalcore ?

Certes, il y a un peu de tout ça dans les douze pièces du disque. Mais même avec un spectre aussi large et abstrait, le portrait dressé ici demeure sommaire, incomplet. Il n’existe tout simplement rien de pareil, autant dans la façon d’aborder les instruments que dans celle de chanter.

D’ailleurs, disons-le franchement, l’aspect vocal du monde de 4d est assez particulier, voire dissonnant ou même agressant. Certains jetteront la serviette dès les premières syllabes, d’autres resteront malgré tout pour entendre de quoi il en retourne. Cependant, il serait illusoire de croire que les compositions déjantées et ébourrifées du disque pourraient seulement même se tenir sans la voix toute particulière de Dominick Lareau; elle est, au même titre que les textes, ciselée finement pour s’insérer dans le “tout” 4d.

Parlant du “tout” 4d, celui-ci a bien changé depuis sa dernière incarnation disque, “4d Et Le Prince Louvesque”, parue en 2004. Là où la rencontre avec le prince s’effectuait en majeure partie sur fond d’ondulations électroniques et de microéchantillonages agressifs, L’Équanimité s’éloigne de ces racines électro pour se coller sur des bases plus rock. L’électro n’en est cependant pas pour autant absent; de denses collages en sonorités aquatiques, les manipulations électroniques sont encore omniprésentes sur le disque. Elles ne sont simplement plus au premier plan.

Un changement qui fait du bien, ne serait-ce que parce que les chansons sont maintenant beaucoup moins froides. On s’éprend donc facilement de Mon Uniforme D’Épinoche et on apprend à fredonner le refrain de L’Ours en moins de deux, ce qui, évidemment, augure bien. Et bien que la palette sonore plus riche donne un avantage à L’Équanimité, sa structure mélodique est elle aussi en touts points supérieure celle du Prince Louvesque. Les nombreux virages en épingles de La Momie peuvent en témoigner, au même titre que les couches de guitare superposées dans Doux Alpha.

Reste maintenant à noter la chose. Et c’est là que ça devient complexe. L’Équanimité est une oeuvre qui comporte de multiples problèmes qui sont eux-mêmes leur solution. C’est un disque qui rassemble plein de choses qui, normalement, ne fonctionnent pas, qui repoussent l’oreille. Mais pour les mélomanes téméraires qui se risqueront au-delà de cette perception initiale, un trésor d’ingéniosité n’attends qu’à être saisi. Trésor qui, ironiquement, tire ses plus grandes richesses du fait que ce qui ne devrait jamais fonctionner en musique, ici, fonctionne inexplicablement bien.

4,5/5
L’Oreille Droite

Voyage dans la quatrième dimension

Philippe Renault - lien pour l'article -
Le Journal de Montréal 16-02-2008

Un bizarre de monde que celui de Dominick Lareau, alias 4d. Son deuxième album, L'Équanimité , nous transporte dans une autre dimension, entre la réalité et le rêve, entre le rêve et le cauchemar.

Pourquoi le cauchemar? En raison des textes imaginatifs et troublants qui se retrouvent sur cet album, comme l'annoncent les titres Les morts-vivants sifflent (qui fait présentement sa place dans les divers palmarès de radios étudiantes et indépendantes), Le Souvenir des terribles ou encore Les squelettes m'ouvrent la porte .

Mais ici, tout est apporté naïvement, à l'instar des illustrations de la pochette, en plus de renfermer certaine touche d'optimisme, d'où le titre L'Équinamité , qui est un terme bouddhiste signifiant la sérénité. L'ouvrage est accompagné d'une musique tout aussi tourmentée, dans laquelle les guitares et la batterie prennent régulièrement le dessus, une approche qui se distingue de celle du premier album de l'artiste, 4d et le Prince louvesque , sorti en 2004. Ce disque se voulait davantage à saveur électro.

INSPIRATION NORDIQUE

Malgré tout, on est bien loin des conventions du rock sur ce dernier enregistrement. L'artiste solitaire y va d'arrangements très denses et souvent dissonants comprenant des bases synthétiques ainsi que plusieurs subtils effets, ce qui donne l'impression d'être transporté dans un monde débridé et unique.

Un monde directement inspiré de l'environnement qui l'entoure dans le Grand Nord québécois, où il s'est exilé il y a quelques années. C'est depuis cet univers nordique qu'il compose, écrit et mixe sa musique par ses propres moyens en n'ayant recours qu'à très peu de collaborateurs, en plus d'y enseigner et de pratiquer les arts visuels.

Cet éloignement fait malheureusement en sorte que les présences en sol montréalais se font plutôt rares. Il ne faut donc pas s'attendre à le voir monter sur une scène au cours des prochaines semaines.

 

Critique de Simon Coutu à Mu6.ca

Dominick Lareau alias 4d est un personnage mystérieux. Il partage sa vie entre la musique, l'enseignement et l'art visuel dans le village d'Inukjuak, dans le Nunavik. Ses compositions ne sont pas moins déroutantes. D'abord, le titre donné à ce deuxième album est curieux. L'équanimité, c'est l'indifférence, un des concepts centraux du bouddhisme. Pourtant, à l'écoute de la musique de 4d, impossible de rester de glace. La voix nasillarde de l'artiste chante une poésie aux couleurs de fin du monde. Sa musique est totalement disjonctée, mais elle reste accessible grâce à un mélange de musiques électroniques et de rock. Difficile de comparer cette œuvre d'art à quoi que soit d'autre. La folie de 4d évoque parfois le groupe Basta. Les compositions de L'équanimité sont excentriques et nonchalantes. La force de ce disque réside dans cette ambiance qui oscille entre malaise et poésie. Un extraordinaire travail en solitaire. [Par S.C.] 7/10

Critique de L'équanimité sur le site de Bande-à-Part

C'est quoi?
Dominick Lareau , Trifluvien exilé dans le Grand Nord, signe ici des chansons qui sont toutes comme autant de petits récits cauchemardesques nourris de ces peurs et traumatismes enfantins que l'on réussit enfin à vaincre. Bienvenue dans les expériences déroutantes du monde électro-pop-rock psychanalytique de 4D. 

Et l'équanimité, c'est quoi ça?
C'est l'humeur égale, le flegme : c'est l'atteinte d'une certaine sérénité. C'est peut-être ce qui est arrivé à 4D depuis son premier album Et le prince louvesque (2005). Sauf que cette fois-ci, L'équanimité est plus rock qu'électro, et on est surpris de tant de qualité dans le travail de 4D , quand on sait que ces chansons complexes sont fabriquées en solitaire, en artisan. Les détails musicaux (quelle batterie étonnante!) et les arrangements sont les forces premières de ces petites histoires qui nous perdent souvent, tant le propos peut parfois paraître confus. On est ici dans un rêve, un cauchemar, et c'est textuellement qu'on nage alors presque en pleine psychanalyse. Pas facile à suivre 4D ... 

Alors quoi de neuf docteur?
4D évolue vers quelque chose de plus serein et de plus accompli. On sera somme toute un peu dérouté mais content de le voir ici confirmer son travail d'une heureuse manière.

Une écoute flegmatique de Tony Tremblay

LE PRINCE LOUVESQUE:

En 2004, 4d et le prince louvesque a été sélectionné parmi les 5 meilleurs albums de l'année selon Martin Roussy, directeur musical de CISM.

Chansons qui ont figuré aux palmarès des stations de radio:

  1. Mission climat
  2. Je n'existe pas
  3. Le prince louvesque
  4. Enfance

Critque d'Éric Parazelli pour Bande-à-Part:

4D / ET LE PRINCE LOUVESQUE

C'est quoi? Le premier album du Trifluvien Dominick Lareau s'avère une expérience musicale électro-pop particulièrement étonnante et... inquiétante!

Pourquoi faut-il écouter ce disque au moins trois fois? Parce qu'à la première écoute, on hésite entre une fascination pour l'enrobage électro audacieux et une aversion pour les sonorités bizarroïdes de la voix de Lareau, qu'on pourrait comparer à celle d'un enfant adepte des Teletubbiesà qui on aurait ajouté de l'acide dans le biberon...

Que se passe-t-il à la deuxième ou troisième écoute? On continue de découvrir de nouvelles subtilités dans les arrangements musicaux qui nous transportent hors des frontières terrestres, et on prend conscience que le parti pris vocal, déstabilisant au départ, s'avère indispensable à l'architecture générale de l'album.

4d et le prince louvesque, un disque antagoniste? Pour réussir un tel mélange de simplicité dans les textes et l'interprétation et de complexité musicale, tout en arrivant à insuffler une ambiance inquiétante, qui peut même provoquer un certain inconfort chez l'auditeur, il faut être soit complètement disjoncté, soit particulièrement habile. À vous de choisir...

À ne pas écouter si... vous êtes le moindrement claustrophobe; si vous avez une peur bleue de Chucky ou Damien, l'enfant du diable; si vous aimez entendre des choses rassurantes...

Une écoute électro-psychédélique d'Eric Parazelli